Pourquoi partir… Et revenir ?

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Pourquoi partir voyager 6 mois à vélo ?

Pourquoi acheter une belle voiture alors que l’on peut aller au bout du monde à vélo ?

Pourquoi donner tant d’importance à nos enfants pour finalement leur consacrer si peu de temps?

Pourquoi passer toute sa vie à travailler (pour gagner plus…) alors qu’il nous faudrait tellement moins consommer ?

Pourquoi renoncer à ses rêves dès que l’on est « adulte », et attendre la retraite pour espérer profiter de la vie ?

 

Lorsqu’en 2002, nous étions partis avec Ghyslaine voyager pendant deux ans à vélo, nous voulions avant tout découvrir le monde, et essayer d’un peu mieux le comprendre. Aujourd’hui, nos motivations sont sans doute encore plus nombreuses, et si nous sommes partis c’est

Pour vivre ensemble une belle aventure et prendre soin de nous

Pour la richesse des rencontres faites au bord du chemin

Pour parcourir le monde et nous émerveiller avec nos enfants devant tous ses trésors

Pour vivre plus proches de la nature, et comtempler les étoiles

Pour avancer lentement dans un monde qui tourne trop vite

Pour brûler des calories plutôt que du pétrole

Pour réaliser nos rêves sans les remettre à demain.

 

Mon pote Loïc m’a souvent dit qu’il fallait du temps « mou » pour créer. Je crois qu’au delà de la création artistique, nous avons besoin de ce temps « mou » pour simplement penser, pour nous extraire de la réaction et prendre la temps de la réflexion… C’est l’une des grandes joies du voyage, l’un de ses plus beaux cadeaux. Chaque jour depuis 6 mois, en pédalant sur mon vélo, j’ai disposé de plusieurs heures chaque jour d’absolue tranquilité, de face à face avec moi-même, de vagabondages de ma pensée. Même en voyageant avec les enfants, ces temps précieux subsitent de longs moments, lorsque chacun est absorbé dans ce voyage intérieur ou centré sur lui même par l’effort à fournir. Saurai-je garder ce temps pour « rien » à notre retour, pourtant si riche et si équilibrant ? Nous sommes tellement vite absorbés par la rythme effreiné de nos vies…

 

Nous avons traversé, au cours de ce voyage, des lieux magnifiques, des petits coins de campagnes accueillants comme un cocon. Souvent, en passant dans ces lieux, j’ai eu la tentation d’y envisager notre vie, au calme, là où les horreurs du monde nous parviennent étouffées, comme appartenant à un autre monde… Prendre soin de sa famille et de son jardin, et un peu aussi des  voisins. Prévoir le bois pour l’hiver. Récolter les fruits de son travail. S’asseoire le soir devant sa cahute et contempler le soleil qui se couche sur une journée de labeur et de bonheurs simples.

 

Et pourtant, nous revenons. Car plus fort encore est le besoin de mettre les mains dans le cambouis, d’être dans le monde, au coeur de son non-sens, de ses errements, de ses horreurs et de ses petits bonheurs, au coeur de ses questions immenses, de cet avenir incertain, plus fort est le besoin de croire qu’un autre monde est possible, et que nous avons à y faire notre part.

 

Ce voyage se termine. Nous espérons qu’il y en aura d’autres. Et que nos récits vous aurons donné envie de claquer la porte pour quelques jours ou quelques mois, et de parcourir les chemins, à pied, à vélo ou à cheval… Il y a tant à gagner à risquer ce voyage…

 

 

Sur le chemin du retour…

Nous profitons de ces derniers jours de voyage, empruntant des chemins de traverse pour retrouver amis et famille tout au long du chemin. À deux pas de chez nous, nous découvrons ou ré-découvrons des paysages magnifiques, de petits coins magiques où nous nous rafraichissons à l’eau claire d’une cascade… Si Léo est pressé de retrouver sa maison, le reste de la troupe rentre à regret, conscients que prend fin une belle aventure et une grande parenthèse de liberté…

Dernière étape !

Le retour approche à grands pas ! Nous effectuerons notre dernière étape samedi 20 août, pour rallier notre maison à Four depuis Montbernier, en faisant un petit détour par Meyrieu les Étangs (30 km environ) . Si vous souhaitez nous rejoindre sur le parcours, nous serons heureux de pédaler sur nos derniers kilomètres avec vous…

Rendez-vous :

à 10h à l’école de Montbernier (Bourgoin-jallieu) : à confirmer

vers 12h30 pour le pique-nique à la base de loisirs du Moulin à  Meyrieu les Étangs

vers 18h pour l’arrivée à la maison

À bientôt !

Léo raconte ce qui l’a marqué ces derniers jours

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Le 3 août nous sommes en haut du col du Simplon. Nous arrivons en fin d’après-midi. Heureusement d’ailleurs sinon nous n’aurions pas pu voir l’aigle qui se trouve au sommet du col.

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Avant d’arriver chez Mamie, nous avons fait une pause chez Marie et Jeanne. Elles nous ont accompagné jusqu’à chez Mamie. J’étais impressionné de comment elles pédalaient. J’étais très content de revoir Mamie, les tontons, les tatas et les cousines.

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Passage mouvementé par la Suisse (Gaston)

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Le 2 août, nous avons commencé la montée du col du Simplon. Dans la montée de ce col à 2005 mètres, il y a eu des passages assez raides et il faisait froid car il y avait beaucoup de vent. En haut du col, il y avait un très grand aigle de pierre très joli. Le midi, quand nous avons mangé, nous avons mis tous nos vêtements, pour la première fois depuis 4 mois. Nous avons campé en haut. Le lendemain, la descente nous a paru très courte.

Un soir en Suisse, nous avons campé dans un parc public. Dans ce parc, nous avons rencontré des enfants avec qui nous avons joué. Au milieu de la nuit, à 1h30 du matin, nous nous sommes fait déloger par le gardin du parc.Trois kilomètres plus loin, il y avait un camping  où nous nous sommes installés pour les quelques heures à dormir qu’il nous restait. Nous sommes arrivés à 2h20 du matin au camping.

Derniers coups de pédales, Ghyslaine, 11 août

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Depuis notre arrivée à Venise, nous savions que cela irait très vite. Durant la traversée de l’Italie du Nord, nous comptions les jours qui nous séparait de nos retrouvailles avec la famille en Haute Savoie.

Certains coups de pédales étaient difficiles, chargés des souvenirs de ce voyage qui tire à sa fin, et d’autres plus légers, qui nous emènent vers les personnes que nous aimons.

Mais ces quelques jours nous aurons permis de rencontrer d’autres cyclistes, voyageurs ou rêveurs grâce au réseau Warm Shower. Ces rencontres, souvent d’un soir, m’auront marqué par leur simplicité et leur chaleur.

Nous quittons l’Italie par le col du Simplon à 2005m d’altitude que nous gravissons en 2 jours. Malgré le fort trafic dans cette vallée, le paysage est vraiment magnifique et nous arrivons à trouver une route parallèle pour faire les derniers km. Nous franchissons le col sous une petite pluie fine et enfilons rapidement tous les vêtements chauds qu’il nous reste dans nos saccoches. Cela fait plusieurs mois que nous n’avons pas affronté une température aussi basse (environs 12 ou 13 degrés !). Nous plantons la tente au pied d’un tire-fesse en espérant qu’à notre réveil le temps sera meilleur.

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Effectivement, au sortir de la tente mercredi 3 Août au matin, le spectacle sur les montagnes est grandiose.

Nous redescendons sur Brig, en Suisse, où nous retrouvons le Rhône, presqu’à sa source. Notre route a commencé au bord du Rhône et nous le retrouvons pour les derniers jours de notre voyage. C’est une drôle d’impression, comme si la boucle se refermait…

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Dans 4 jours nous serons chez la maman de Manu et même si cela nous fait très plaisir de revoir la famille, nous nous rendons compte que la fin arrive.

Après avoir passé notre deuxième nuit en Suisse chez Marc et Estelle (encore des Warm Shower!!), ils nous accompagnent sur quelques km avec leurs enfants pour nous mettre sur la bonne direction. Sonia, leur fille de 4 ans, a déjà son petit vélo et nous impressionne. Au bout de 5 km, ils font demi-tour, mais Sonia aurait bien continué un peu !

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Nous avons rapidement le vent de face mais les enfants sont bien motivés pour avancer alors les kilomètres défilent. En fin de journée, le temps se couvre et nous trouvons un abri dans un parc à la sortie de Sion. Conscients que le camping n’est pas forcément autorisé, nous décidons malgré tout de rester là. Les enfants trouvent des copains de jeux qui pour la première fois depuis plusieurs mois parlent français et nous passons une partie de la soirée avec leur parents qui se sont réfugiés sous notre abri lorsque la pluie s’est mise à tomber. Ils repartent vers 22h30, confiants, pensant que nous ne serions pas dérangés pendant la nuit. Mais à 1h00 du matin, une lampe torche nous réveille. C’est le vigile qui nous demande de partir… Pas de pitié pour les enfants, nous repartons sous la pluie et trouvons un camping sans barrières à quelques kilomètres. Nous replantons la tente et rentrons dans nos duvets un peu humides. Il est 2h30 du matin. Le réveil sera tardif le lendemain et nous décidons d’éviter le camping sauvage en Suisse pour notre dernière nuit.

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Vendredi 5 Août, à 7h30, nous sommes reveillés par Claude (le papa de Manu) et Christelle (sa compagne) qui nous apportent le petit déjeuner. C’est aujourd’hui que nous passons la frontière française et Claude a décidé de pédaler avec nous. Lorsqu’il nous avait quitté il y a quelques mois à Avignon, il nous manquait quelque chose lors de nos premiers coups de pédales sans lui, et nous prenons un grand plaisir à ce moment privilégié avec lui.

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Vers 16h, nous arrivons dans la nouvelle maison de Christelle (la soeur de Manu) et surprenons toute la petite famille au sortir de la sieste. Nous constatons que nos enfants ont bien grandi, mais que nous n’avons pas trop changé ! Nous embarquons Marie et Jeanne, les cousines des garçons, en vélos pour les 10 derniers km avant l’arrivée chez Bernadette où nous attend le reste de la famille.

A peine arrivés, les enfants courent dans les bras de leur mamie et nous passons une belle soirée de retrouvailles.

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Nous repartons jeudi 11 Août pour la dernière étape de notre voyage, le long du Rhône jusqu’à la maison en faisant étape chez les copains et la famille. Nous avons encore 10 jours pour rentrer et nous comptons bien en profiter pour aller lentement, s’arrêter pour regarder un oiseau voler, se baigner dans une rivière qui nous appelle ou regarder une chenille qui traverse la route…